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PROGRAMME 2008____________

PROGRAMME 2007____________

OFF____________

ARTISTES____________

COLLABORATEURS____________

 
       
       
 


/ Proposé par Nathalie Belayche
RUNNING THROUGH THE WIND _ Frank Rothe

 

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Seuls les meilleurs pionniers de RDA étaient admis dans le camp d'été d'Artek, sur l'île de Krim. Franck Roth avait douze ans et se souvient avoir été surpris de figurer parmi l'élite de la jeunesse socialiste, dans ce bastion soviétique de Crimée. Mais c'est un certain écoeurement de la propagande régnante, incluant la pression de ses enseignants pour apprendre le russe, qui l'animera pendant plusieurs années. Jusqu'à un voyage en 1992, où il approche la nouvelle Russie à travers sa capitale secouée par les combats militaires.

Bien qu'heurté, il décide alors d'apprendre la langue, effectue plusieurs voyages dans l'ancien bloc soviétique, puis débute en 2004 son projet Running Through The Wind : le portrait d'une jeunesse ni de l'Est ni de l'Ouest, mais qui "court à travers le vent", conclut-il.

 


Dans un travelling arrière, il a choisi Artek (aujourd'hui en Ukraine) pour aller à la rencontre de cette génération hybridée par l'histoire.

Si des centaines d'enfants et adolescents continuent de passer leurs vacances dans l'ancien camp soviétique, celui-ci est devenu un lieu de villégiature aussi grand qu'une petite ville. Quant à son droit d'entrée, autrefois au mérite, il est dorénavant financier et acquitté par les parents. Plus de discours, ni de débat politique.

Dans des entretiens vidéos, le photographe constate la disparition de l'idéologie qu'il avait connue : rien, là-bas, ne leur offre une vision du futur, une orientation pour les jours et les années à venir.

 


C'est ailleurs que se situe le rapport étroit que nourrit avec ses aînés cette jeunesse de la classe moyenne. Sur ces rives de la mer Noire, l'atmosphère des étés sans fin perdure, rythmée par les repas et les repos collectifs comme par les longues conversations. Frank Roth capture cette simplicité immuable à la lumière naturelle, sans flash ni pied.

"Pendant ces moments passés avec ces enfants et ces adolescents, j'ai retrouvé quelques morceaux de mon enfance. En tant que photographe, c'était un voyage dans le temps. J'ai fait un retour jusqu'à une période de ma vie, aujourd'hui révolue." Frank Rothe, 2007.

 
       
 
 

 


RUNNING THROUGHT
THE WIND
Frank Rothe




Sans titre, 2004
Tirage argentique couleur, 100 x 100 cm
 
   
   
 
 
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/ Proposé par Patrick Le Bescont
HOTEL EUROPA _ Monique Deregibus

 
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Extrait de Livraison, textes de Jean-Pierre Rehm et Zahia Rahia Rahmani, Hotel Europa, Filigranes éditions.

" Hotel Europa est d'abord l'affirmation d'une matière. Roche contre roche ici, proue de pierre taillée ailleurs, Laocoon et ses reptiles esseulés sur une place, hautes barres d'immeubles dressées à la verticale un peu partout, maisons en couches, strates et bris, routes de macadam zigzaguées ou rectilignes, etc. A l'exception de très rares portraits, tous en extérieur, et qui semblent davantage s'immiscer dans cet ensemble pour rendre plus manifeste encore la règle générale, le paysage sur fond de ciel uniment bleu que déroule Hotel Europa se trouve soumis tout entier à la loi de la pétrification.


(...)

 


Or, comparable politesse anime Hotel Europa, qui détourne, page après page, la formule de Bartleby, chaque image avançant, têtue mais sans brusquerie, un " je préférerais ne pas ". S'y succèdent et s'y chevauchent ainsi : " je préférerais ne pas " faire la relation comptée d'un périple, " je préférerais ne pas " voyager, " je préférerais ne pas " me trouver au coeur des villes, " je préférerais ne pas " faire d'étude sociologique, " je préférerais ne pas " prendre en otage de mon objectif les êtres et les choses croisés, " je préférerais ne pas " croire en l'autonomie de l'image (celle-là, image cible, une découpe de casse-pipe de fête foraine l'a envoyée par le fond 1), " je préférerais ne pas " différencier Marseille, Sarajevo et Odessa sous couvert de pittoresque, " je préférerais ne pas " confondre Marseille, Sarajevo et Odessa au prétexte de globalisation, " je préférerais ne pas " oublier les utopies passées visibles encore dans les rues, " je préférerais ne pas " m'aveugler sur le travail du temps à l'ouvrage sur les architectures, etc.

 


Aussi ferme que le séisme invisible qui laisse secouées sur leur plateau quelques maisons au bord d'une courbe, aussi net que ce mouvement où la mer devient terre et un bateau le bâtiment à quai, semblable fausse indécision bouscule la composition des images, brouille aussi bien l'attirance sérielle que le refus du narratif, trouble, en un mot, les délimitations. S'offre ainsi une clef à la prédominance minérale : c'est la résistance des frontières.

Là où les premières séries exposaient l'extériorité sans revers des paysages américains, écrans filtres à lumière, Hotel Europa fait défiler des territoires tout aussi disponibles à la lumière du plein jour, mais leurs configurations, leurs obstacles sont d'une autre nature : ce sont des zones. "

 
       
 
 
 
   

 


HOTEL EUROPA
Monique Deregibus

Grand littoral, foyer du cinéma ugc gaumont
Marseille, mars 2001

Tirage argentique couleur, 120 x 140 cm

   
       
       
   
 
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/ Proposé par Eugénia Mestres
ALCORISA _ Santos Montes

 
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Pays éminemment croyant, l'Espagne s'anime chaque année de célébrations pascales singulières : plus que la résurrection du Christ, elles incarnent sa passion, dans une magnification de la douleur rédemptrice.

C'est de ce rituel, à la croisée d'une expression collective et de vécus singuliers, que témoigne le travail en triptyque du photographe Santos Montes dans la commune d'Alcorisa. Là, comme dans l'ensemble du Bas Aragon de Teruel, la Semaine Sainte vibre d'une ferveur théâtralisée, rejouée depuis vingt-cinq ans par ses habitants. Santos Montes a pris le temps de les côtoyer, de les rencontrer, d'échanger avec eux, jusqu'à devenir un témoin digne de leur confiance.

 


Prises entre 1998 et 2005, ses quatre-vingt-dix images transcrivent le visible et l'intériorité de ce rituel mi-profane, mi-sacré, à la confluence du réalisme et de la légende. Un hommage aux Alcorisains et à l'actualité sociale de leur mémoire identitaire.

En habit d'époque, dans le vacarme des grosses caisses et des tambours, plus de cinq cents personnes revivent la passion du Christ pendant la Semaine Sainte. Qu'importe qui anime le jeu de la Vierge Marie, du Christ ou de Juda, toutes s'adonnent corps et âme au rôle qui leur est dévolu à chaque nouvelle célébration du chemin de croix.

 


Car si cette expérience est très personnelle pour chacun des villageois, c'est la primauté d'un but commun qui transparaît dans cette célébration : en se confrontant à la mort dans un éprouvé collectif, les Alcorisains démythifient la crainte de disparaître et amplifient leur conscience de groupe. Incompréhensible, sans doute, en d'autres temps et d'autres lieux, le ressort de cette cérémonie religieuse engendre, chez l'étranger ou le spectateur, une réflexion sur le rôle universel de la tradition et du rituel.

Santos Montes a choisi l'image fixe et animée pour révéler cette clef d'unification communautaire.

 
       
 
 

 


ALCORISA

Santos Montes





Rostros Pasión, 1998-2005
Tirage argentique noir et blanc, 50 x 50 cm
 
   
   
 
 
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