PROGRAMME 2008____________

PROGRAMME 2007____________

OFF____________

ARTISTES____________

COLLABORATEURS____________

 
       
       
 


/ Proposé par Claire Bresson
JEUDI AUJOURD'HUI _ Valérie Villeu

 

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Valérie Villeu, par sa profession d'infirmière libérale, s'est rendue il y a quelques années chez Mme D. pour lui apporter des soins. Mme D. vivait seule et était atteinte de la maladie d’Alzheimer. L’état d’abandon dans lequel se trouvait son appartement faisait étrangement écho à son état mental : rempli de manques, de cassures, de trous. Chaque pièce, chaque objet avait subi les dégâts de sa dérive solitaire : désordonnés, cassés, abîmés, incomplets, ils parlaient pourtant de façon intime, de ce qu’avait du être cette personne, son goût pour la décoration, la couture.

" Un jour, l’après midi avait dû être le simulacre d’une réception, vous aviez préparé quatre sous tasses avec des cigarettes russes et un carré de chocolat. Quel fantôme vous avait rendu visite ? A qui était destiné ce festin ? La vision de ces préparatifs m’avait bouleversée, j’y voyais là l’amusement d’une enfant jouant à la dînette, mais une enfant croyant à un jeu qu’elle ne quitterait pas.

 


La répétition de gestes certainement mille fois accomplis mais destinés à un autre monde.".

Lors de ses visites chez Mme D., Valérie Villieu trouve, calant une porte, enfoui dans ses habits, 7 petits agendas, qui la firent parcourir 34 ans de sa vie. Rien de profondément intime, seulement des annotations sur des habits à récupérer au pressing, des noms de chanteurs qu’elle devait aimer, des mesures pour réaliser ses travaux de couture. Et puis au fil des agendas, les informations se raréfient, l’écriture devient malhabile et des notes montrent l’apparition des troubles de la mémoire.

La solitude y est extrême, la volonté de s’accrocher au réel perceptible. La lecture de tous ces calepins a convaincue la photographe de mettre en lumière l'histoire de cette femme, de la souffrance que cette maladie génère.

 


Dans un but parallèle aussi de communiquer sur la prise en charge de ces personnes, afin qu'elle soit plus humaine, mieux adaptée, et toujours à l’écoute de l’individu.

" Je pense souvent que nous vous entretenons, bien sûr vous mangez, bien sûr vous êtes propre, et puis ? Cela suffit-il à une vie ? La télévision semble rassurer bon nombre de soignants et auxiliaires de vie qui visitent les personnes âgées. Vous n’échappez pas aux séries télévisées, parfois violentes devant lesquelles je vous trouve, perturbée, envahie par ce que l’écran vous impose.

Certains vous la laisse la nuit… pensent-ils qu ‘elle peut être un remède au vide, ou est-ce la solitude qu’on laisse derrière nous en fermant votre porte qu’ils ne supportent pas ? Que penser de ce soignant surpris en train de vous donner à manger avec un casque sur les oreilles ? "

 
       
 
 

 


JEUDI
AUJOURD'HUI
Valérie Villeu



Jeudi Aujourd’hui, 2004-2006.
Tirage lambda, 50 x 75 cm.
Agenda 1996, 2004-2006.
Tirage lambda, 15 x 21 cm.

 
   
   
 
 
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/ Proposé par Claire Bresson
FORMASÁGOK
_ Krisztina Erdei

 

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Antal Jokesz, Photographe et commissaire d’exposition indépendant, 2005.

« S’il existe une sorte de « boom numérique » dans les communications visuelles, qui se manifeste par la prolifération d’images, le travail de Krisztina Erdei peut y être placé. On discerne à l’arrière-plan de son travail, une vision sur l’état actuel de la civilisation est-européenne, qui n'est pas basée sur l'expérience du développement mais plus sur le sentiment de stagnation et d'éventualités. L’autre dimension quand à l’interprétation de sa photographie concerne la personnalité des sujets par une approche sensorielle et un intérêt pour leur environnement. Ils ont en commun ce concept de liberté propre à Krisztina Erdei, sensibilité si caractéristique chez cette photographe qui s’évertue à photographier à partir de son identité féminine, saveur particulière qui nous démontre une nouvelle fois qu’à ce jour nous ne pouvons débattre de la génération actuelle de l’est sans auparavant inclure l’image de la femme dans le monde. »

 


Krisztina Erdei, 2007.

« Une partie de mon travail présente une géographie de tous les jours sur notre génération actuelle. Une autre partie décrit la pensée de la vie rurale, de l'humeur tangible aux hobbies du jardin. Enfin, je reviens sur « la culture du plastique » qui offre un paysage coloré par ces objets d'après pays socialistes venant de l’Occident mais fabriqué à l'Est. Ce travail réalisé entre 2003 et 2007 présente des personnages complexes, certains se veulent réactionnaires à une imperceptible tradition, celle-ci régissant la vie d’autres, comme celle de leurs aînés. Ce qui différencie les deux générations est le symbole controversé de cet environnement publicitaire qui est passé d’une simple illustration à une attraction visuelle sensationnelle.

Pour offrir le résultat d’un amateur en photographie, j’ai souhaité obtenir un travail tiré par un laboratoire de production de masse, ce qui redouble l’effet d’immédiateté dans le tirage.

 

 


Dans la plupart des cas, les images sont créées par le fonctionnement conjoint entre éventualité et habitude, voir usure. Je recherche moins à montrer une image burlesque qu’à présenter le dessous de l’emballage où l’on pressent une certaine gravité.

Mon travail s’éloigne du documentaire dans un aspect structurel, et se rapproche du subjectif car il représente une vision et non une étude de cas. Par ma formation en philosophie et politologie, je ne peux axer mon documentaire subjectif en recueillant des informations sur un champ prédéfini comme pour une étude de cas. Je me résous facilement à transgresser les limites de la science sur l’humanité en utilisant le concept d’improvisation systématique. Je recherche à créer un résultat sur la capture d’un instant en axant sur les détails du récit réel, car je ne suis pas intéressée par un compréhensible rationnel. Je donne chance à l’accident en recherchant des mouvements, des actes, une narration.
»

 
       
 
 

 


FORMASÁGOK
Krisztina Erdei


2005.05.05 - 17:15 - Budapest, 2005.
70 x 100 cm

 
   
   
 
 
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/ Proposé par Claire Bresson
ABOUT DECLINE _ Gaël Bonnefon

 

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Voici un monde usé, tendu, éreinté, mais qui ne meurt pas. Un univers qui demeure agonisant, comme un éternel crépuscule. Des personnages fatigués évoluent avec force dans des paysages adipeux aux couleurs saturées. Des lumières rasantes dépeignent ceux qui, d’une banalité inexpressive, deviennent un idéal.

Gaël Bonnefon, jeune étudiant à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Toulouse, retrace dans ses images cette tension humaine qui induit l’idée de l’effort, l’état de menace d’une rupture, un relâchement sous-jacent. Non pas comme un acte réfléchi mais pour décrire une simple appréhension de l’existence. Les sujets sont écrasés par une lumière offensive, entourés par un environnement devenu irréel, voir métaphorique, les révélant dans une intensité physiologique latente.

Dans ce journal ouvert à l’atmosphère dramaturgique, le photographe réclame pourtant notre éveil à s’émouvoir de la rage de vivre sans contraintes des protagonistes, incontestablement parce qu’ils possèdent cette même force, cette même violence contenue mais présente.

 


Ils explorent le même univers, ils le partagent jusqu’au bout, sans précaution aucune semble-t-il. Aux limites de la jouissance, de l’éloignement, de l’absence. L’usage fréquent du contre-jour et de la surexposition altère de même la perception des choses. Les personnages semblent perdre leur visage, on ne voit plus qu’une masse aux formes humaines.

Puis les lieux nous deviennent familiers, comme autant d’espaces ou instants lumineux et rassurants au milieu d’un brossage paradoxal de début de siècle finissant. Mais sans attitude morale, ni jugement. Juste conjuguer au fil des prises de vues le hasard, le risque, l’inconscience, le désir.

Observateur d’un quotidien énigmatique, Gaël Bonnefon relate dans ses images sa proximité envers ces héros d’un ailleurs flottant, héros qui dans un sursaut se réveillent dans un noir et blanc pur ou errent dans une lumière déclinante.

 


La mise en scène utilisée ne justifie plus alors l’acte photographique, les matières et textures n’informent pas d’une perspective, et l’ingérence de la narration interfère peut-être sur les expériences désordonnées du photographe.

About Decline est le travail d’une année qui sillonne des situations possibles et inconscientes pour une fiction sur des lieux nomades , des personnages en perdition, des évènements qui échappent à toute analyse.

Le mélange de décors et corps offre une forme brute qui nous oblige, plus que les images qui prétendent documenter, à nous intéresser à la réalité de ce que nous voyons, fragments d’un visible semblant innocent.

 

 
       
 
 

 


ABOUT DECLINE
Gaël Bonnefon



Sans Titre, 2007.
Tirage argentique, 20 x 30 cm.

 
   
   
 
 
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