SELECTION 2009____________

SELECTION 2008____________

SELECTION 2007____________

ARTISTES____________

COLLABORATEURS____________

 
       
   
 


/ Proposé par Claire Bresson
L'OPERA DE STANLEY _ Truc-Anh

 

> DIAPORAMA
> PDF

 
 


"
L’univers de Truc-Anh se déploie dans une forme éclatée dont les extrémités tiennent par une force vertigineuse de gravitation. Il présente ici des photographies extraites de deux séries en cours (la série des Doors et celle dite de L’Opéra de Stanley) et une sculpture agissant comme le liant qui donne sa forme à l’abrasif.

On est d’abord frappé par ses Doors qui s’annoncent comme un compte à rebours infernal : traumatisé par une échelle inidentifiable, on ne peut que se faire happer par cette multitude de détails, de contorsions émanant d’un noir limbique. Cette série dont les occurrences sont répertoriées sous la désignation Door #47Doors #55, Doors #79 (et ainsi de suite en décroissant) est constituée de photographies montrant chacune une babiole agrandie, de format 150 x 150 cm, et transmutée en phénomène physique. Des bagues de marché aux puces deviennent des maelstrom ou s’approprient tout à coup la sophistication d’un anneau des Nibelungen… Il y a bien un passage, un franchissement de ces portes qui nous conduit du toc pour touriste au sublime.

La deuxième série met en scène son pseudo-héro, Stanley, personnage solitaire évoluant dans des espaces vampirisés, vidés de toute présence humaine, se détachant lui aussi de fonds quasi wendersien :


Truc-Anh, paré de sa grenouillère rose, a effectué ces autoportraits aux États-Unis et en Norvège… On pense au personnage muet et amnésique de Paris-Texas. C’est qu’il faut demeurer isolé, délibérément, pour développer le fameux syndrome de Peter Pan et promouvoir (et incarner) aujourd’hui un super-héro dont les aventures désuètes ne sont pas dépourvues d’une note existentielle.

Les photographies de Stanley sont réunies sous l’appellation d’Opéra : Truc-Anh souligne, par ce titre générique, la dimension narrative et la polyphonie de cette série inaugurée en 2007 qui s’attache à « la représentation de quelques vies et de quelques morts ».

La rime visuelle qui assujettit Stanley à ses multiples réapparitions en milieu décalé est la même qui, à la manière d’une « incantation » affirme Truc-Anh, travaille à la perte des repères dans la série des Doors : leur motif répété fatigue l’œil toujours à la recherche d’un terrain stable où se reposer tel Stanley dans Stanley regarde les WSOP (couché sous le sofa qui lui permettrait de regarder, en position assise, les World Series Of Poker) ou Stanley chez les Incas (allongé, à l’aube, parmi une armée de transats sur quelque plage désertée).


C’est paradoxalement leur exacte définition qui permet à ces Doors (en fait, pour la plupart, des objets familiers), d’acquérir cette sorte d’inquiétante étrangeté. En restant le plus fidèle possible dans leur rendu, Truc-Anh arrive néanmoins à révéler de ces pacotilles des aspects inattendus, surréels et déroutants.

Pour la première fois présentées conjointement, ces deux séries se réfléchissent et seront appuyées d’une sculpture prochaine (tout comme Oeil Limen, un pliage de tirages photographiques mais ici de 200 cm) qui, dans sa manipulation possible, semble poser comme l’antidote d’un trop-plein d’ésotérisme et timorer le spectaculaire envoûtement des Doors : Truc-Anh, magicien peu soucieux de révéler ses habiletés nous dévoile ses effets d’optique dans du fait-main.

Le pliage et le mouvement réel cette fois-ci ramènent aux surplis des Doors et à l’impression d’expansion qu’ils procurent. Ces pliages peuvent aussi évoquer les différentes strates d’une personnalité aussi complexe que celle de Stanley et de son manipulateur : Truc-Anh. "

Frédéric Chapon, 2009.

 
       
 
 

 


L'OPERA DE STANLEY
Truc-Anh


Stanley est un coussin,
Tirage C-Print, 60 x 90 cm.

 
   
   
 
 
 
       
  ______________________________________________________________________________________  
 


/ Proposé par Liza Fetissova
SOTCHI 2012_ Alexander Gronsky

 
> DIAPORAMA
> PDF
 
 


Dans l’espace de l’image de Gronsky, tout - hommes, voitures, maisons - se transforme en éléments du paysage et se déshumanise. Ces éléments sont appelés à animer l’espace triste et vide, tels des objets de décor. L’étendue et le vide évoquent par eux-mêmes l’idée de la solitude existentielle de l’être humain et l’impossibilité de la communication.

Gronsky enchaîne les voyages à travers l’Eurasie, de l’Anneau d’or jusqu’à l’extrême Orient, de Yamal jusqu’à Sotchi; il avoue ne pouvoir travailler que dans deux pays : en Russie et en Chine. Là, il trouve ce monde où l’homme a l’air d’un petit pion. Cette station balnéaire russe de Sotchi a été désignée pour organiser les Jeux Olympiques d'hiver 2012. Sotchi, c'est l'inexpérience absolue en matière de compétitions de sports d'hiver et la perspective de travaux pharaoniques estimés à 12 milliards de dollars pour faire sortir de terre des infrastructures à la hauteur de l'événement, ceci en sept années.

Dans cette cité du Caucase au bord de la mer Noire à la mode depuis la fin du 19e siècle, un petit bout de côte sera aménagé en complexe olympique, qui sera relié par train au domaine skiable à quelques 40 km de là, aujourd’hui montagne totalement vierge.


Vladimir Poutine, résident régulier de Sotchi où le Kremlin possède une résidence d'été surplombant la mer, aura été au coeur de la candidature, dont il n'a cessé de faire la promotion. Et Sotchi, au sud d'un pays de 142 millions d'habitants est à ce titre un Eldorado à côté de Pyeongchang et Salzbourg, autres villes candidates aux JO 2012, et aussi la porte d'entrée d'un Caucase qui vit depuis 1991 au rythme de la guerre en Tchétchénie.

Entre été 2006 et printemps 2007, Alexander Gronsky a réalisé un travail d’une trentaine de photographies sur cette Riviera russe très convoitée depuis la selection aux JO. Sotchi porte le flambeau d'une après-perestroïka au point de vue politique, culturelle et sportive, flambeau tenu par une génération qui tente de prendre sa revanche au niveau internationale dans cette région où les terrains ont été acquis à foison à la suite de la sélection aux JO.

Gronsky nous présente ici un contraste frappant entre somptueux palais et espaces à l'abandon, voire dévitalisés, comme un reflet déformé de notre vision de nous-mêmes et de notre valeur existentielle.


L’autisme des oeuvres de Gronsky est plus méditatif que dramatisant. On pourrait se rappeler de l’oeuvre de Peter Bialobrzesky qui a précédé Gronsky dans les recherches dans le domaine de la beauté déshumanisée de l’environnement. Ou celle d’Andreas Gursky en tant qu’analyste de la redondance mécanique de l’Etre : ces deux artistes sont proches de Gronsky dans leur non-dramatisation et leur diversité plastique.

Gronsky a trouvé sa propre définition du beau : en étudiant minutieusement chaque image, il ne coupe pas « l’insignifiant » pour ne garder que « le digne » mais contemple la beauté cachée de ce qui est habituellement rejeté par le regard et passe à côté de la conscience.

La décoration devient chez lui un protagoniste, et l’intrigue de la statique est bien plus profonde que les actes des héros que nous nous imaginons d’habitude.

 
       
 
 
 
   

 


SOTCHI 2012
Alexander Gronsky

Sans titre, 2007
Tirage argentique couleur, 50 x 60 cm

   
       
       
   
 
 
       
  2008__________________________________________________________________________________  
 


/ Proposé par Claire Bresson
DESORDRE _ Corinne Mariaud

 
> DIAPORAMA
> PDF
 
 


"C’est un regard posé sur l’individu dans l’espace urbain. Un questionnement sur l’état des corps dans la ville. J’ai longtemps photographié les paysages urbains (« Paysages Contemporains »), les espaces transitoires (« Portraits d’Autoroutes »), les abords des villes à l’identité incertaine, j’ai cherché la trace de l’humain dans des endroits délaissés par l’homme, la beauté des endroits déconsidérés.

Pour cette nouvelle série, j’ai choisi de mettre en scène des individus dans ces espaces quotidiens. Des hommes à terre, des hommes qui glissent sur la matière urbaine. J’ai travaillé sur l’instant immobile de cette chute. Sur les forces et sur les résistances. Dans ces images, les paysages urbains, imposants de modernité, envahissent l’espace de la photographie.


Vidés des gens qui les peuplent tous les jours, ils se transforment en un décor graphique dont la régularité est perturbée par un élément humain. Comme une tache sur cette surface lisse et organisée. Un homme vêtu d’un costume est couché à même le bitume, un autre plaqué sur les marches d’un escalator.

La forme humaine paraît échouée sur le sol, le corps a perdu toute résistance. Sa souplesse contraste violemment avec la rigueur géométrique des édifices alentour. On pense à ces sacs plastiques accrochés aux branches des arbres, sur les bords des routes. Corps étranger à son environnement, corps qui flotte dans la ville, corps naufragé.


Comme les arbres ou les morceaux d’espaces verts sont contenus par
l’architecture de la ville, l’homme est encadré par la matière urbaine. Les personnages sont anonymes, corps fragiles d’une grande banalité. Cependant par leur solitude et la singularité de leur pose, ils s’extraient de l’ordre habituel des choses.
Le corps banal se transfigure en un corps tragique.

L’individu devient puissant. Il altère la régularité de l’environnement. Il perturbe la perception de l’image.
Une inquiétude naît de ce trouble. Les personnages expriment une grâce,
une douleur qui évoquent la résistance de l’individu dans la matière urbaine."

Corinne Mariaud, 2007.

 
       
 
 
 
   

 


DESORDRE
Corinne Mariaud

Sans titre, 2007
Tirage jet d'encre Hahnemuhle, 60 x 90 cm

   
       
       
   
 
____________________________________________________________________________________________________
 
 
/ ACCUEIL / SELECTION 2007 / SELECTION 2008 / SELECTION 2009 / ARTISTES / COLLABORATEURS / CONTACT